16 février, 2014

LA SPIRALE DE L'ECHEC


Se réveiller patraque. Etre en retard.  Accompagner les enfants à l’école sous une pluie fine (oui en Israël aussi il pleut), revenir à la maison, regarder le bordel. Commencer mollement à ranger. S’arrêter, souffler. Bon là, vous vous dîtes, « Ca commence mal ».
 

Ben moi pareil. Et puis au lieu de me relever, de me dire « allez hauts les cœurs », j’ai ouvert mon ordinateur, j’ai fouillé dans un vieux dossier et là, s’est enclenchée ma bonne vieille copine, tapie dans l’ombre toujours prête à bondir : La spirale de l’échec.

Etape 1 : Se taper toutes tes photos de mariage. Tu sais celles ou tu as  ...  kilos de moins, le brunching impeccable, le sourire ultrabrite, la robe immaculée...

Etape 2 : Pleurer

Etape 3 : Allez se peser pour vérifier. Ben oui après le choc des photos, le poids des chiffres sur la balance. Rien de mieux.

Etape 4 : Pleurer

Etape 5 : Se regarder dans la glace. Se dire qu’il faut se reprendre. Inspirer. Expirer. Descendre pour se faire un café en se disant « Ca va aller, ca va aller ».

Etape 6 : entendre taper à la porte. Tenter de comprendre l’hébreu du mec qui parle à la vitesse de a lumière alors que ca fait 2 fois que tu lui expliques que tu es nouvelle immigrante.

Etape 7 : Pleurer

Etape 8 : Remonter en pestant contre l’hébreu, les israéliens et l’oulpan qui reprend le 2 mars. Remonter pour lancer une machine. Se casser la gueule dans les escaliers.

Etape 9 : Pleurer

Etape 10 : Redescendre pour faire ce p… de café. S’ébouillanter la main avec l’eau.
 
C'est à ce moment là que j'ai décidé de m'asseoir et de ne plus bouger du tout.
 
BONNE JOURNEE !!!!

30 janvier, 2014

OULPAN CLAP DE FIN


Voilà c’est fini. Aujourd’hui à 12h00, j’ai quitté la place que j’occupais depuis 5 mois. Bye bye la Kita « aleph + ».  Adieu les devoirs bâclés le matin entre 5h30 et 6h05. Finis les yeux sur la pendule en attendant la pause de 9h40.

 

J’ai attendu 5 mois la fin de l’oulpan et maintenant je me demande bien ce que je vais faire de mes journées. La fin de l’oulpan c’est comme un saut dans le vide. J’avais remis beaucoup de choses à « après l’oulpan » et maintenant on y est. Il faut que je refasse mon CV que je contacte des boîtes, que je trouve du boulot,  que je travaille mon réseau.

A la fin du cours du jour, Orith, notre professeur nous a demandés de lui dire quelle chose on allait retenir de ces  5 mois. Ca sentait la fin, les au-revoirs.  Certains riaient en regardant la montre, d’autres avaient le visage plus fermés.  Moi je repensais à la première fois où j’ai posé mon sac dans cette classe. J’avais la tête dans mes cartons. Je pensais à l’adaptation d’adèle à la crèche. J’étais tout le temps fatiguée. 5 mois plus tard, j’ai pris le rythme, les cartons ont disparu. Dans les placards de la cuisine, chaque chose a pris sa place. Alors certes, il y a encore des réglages à faire mais l’essentiel est là.

Il y a 5 mois j’étais une étrangère à Raanana. Aujourd’hui, je connais le nom des rues. J’ai mon café préféré. Il y a des magasins que j’évite. Peu à peu, j’ai pris mes marques. Je  me sens un peu plus chez moi.
 
Beaucoup de mes lieux favoris se situent aux alentours du Merkaz Klita ( centre d’intégration) où j’ai suivi les cours d’oulpan. Maintenant, je sais que je passerais souvent devant sans y entrer comme chaque matin à 8h. Le Merkaz Klita, sa pancarte bleu, blanche et verte. Le chomer (gardien) du gan de la Rue Hasharon qui te raconte sa vie quand tu passes devant lui, le beth-cafe où on se ruait à la pause pour commander un café afour à emporter.

Pour moi ces 5 mois passés à étudier sont les bases de ma nouvelle vie. J’y ai rencontré des gens du monde entier. En 5 mois, j’ai plus appris sur moi et sur les autres qu’en 5 ans passés à Paris. L’oulpan  c’est un passage obligé pour apprendre l’hébreu mais aussi pour comprendre Israël, ses habitants, sa culture, ses codes.

«Tu verras à l’oulpan, tu vas te constituer une famille bis » m’avaient-on dit à Paris. J’avoue que j’avais tiqué. Et puis, finalement j’ai compris. Compris qu’en 5 mois, avec mes camarades de classe, on a partagé plus que des exercices et des leçons. On a appris à se connaitre. Les affinités se sont créées, les relations se sont affinées, les groupes se sont formés. L’apprentissage de l’hébreu, nous a permis de communiquer et de parler d’une même voix. Peu à peu nos langues maternelles ont laissé place à l’hébreu. Certes, nos phrases sont imparfaites, parfois truffées de fautes mais on a réussi à créer du lien.

Je n’oublierai pas :

·         L’attention de Tzion (né en Inde) qui proposait toujours aux autres de l’eau chaude avant de servir du café.
·         La volonté de Hanna (née aux Etats-Unis) de s’exprimer en hébreu malgré la difficulté.
·         Le sourire d’Eva (née à Nice) quand elle entrait dans la classe très en retard.
·         Les messes-basses avec Molly ( née dans le New Jersey)
·         L’enthousiasme d’Ariel (né à Buenos Aires) quand il parlait de football et de Messi
·         Le cahier tout propre de Carmen (née en Moldavie)
·         Les fous-rires avec Maia (née  à Paris)
·         Les pauses tic-tac et chewing gum au goût improbables grâce à Michael (né au Maroc)
·         Les questions sans fin de Romain (né à Marseille)
·         Les séances confidences avec Déborah, Rahel et Leatitia.
·         La persévérance de Sumalee (née en Thaïlande)

Je prends tout, je thésaurise, je garde. c'est mon capital-souvenirs, en attendant qu'on s'en crée d'autres.

26 janvier, 2014

Quand Frédéric Haziza épargne Marine le Pen


Depuis que je suis en Israël, je scrute avec avidité et frustration les sorties de livres qui font l’actualité en France. Après avoir suivi ses déboires sur Twitter, j’avoue j’attendais le livre du journaliste Frédéric Haziza, « Vol au dessus d’un nid de fachos : Dieudonné, Soral, Ayoub et les autres » publié chez Fayard.



Grâce à une âme charitable (Merci à elle), il m’est parvenu en Israël. Le style est sec, le vocabulaire pauvre et les rares envolées lyriques atteignent l’altitude d’une hirondelle avant la pluie. J’attendais un témoignage fort, je n’ai lu qu’une compilation de chiffres et de faits dignes d’une fiche wikipédia. Mais plus ennuyeux, en le refermant, j’ai senti comme un léger malaise, une impression étrange, la sensation désagréable d’avoir vu se jouer une scène gênante sans en percevoir tous les tenants et les aboutissants.
 

J’ai réfléchi longtemps (plus que celui qui m’a fallu pour lire ce livre) sans pour autant réussir à mettre des mots sur cette étrange sensation. Et puis, j’ai rouvert le livre à la page des « Remerciements ». L’auteur remercie celles et ceux qui l’ont aidé « par delà les désaccords ».  S’en suit une liste de personnalités politiques de premier plan.  La liste démarre par François Hollande et Jean-Marc Ayrault, respectivement Président de la République et Premier ministre, protocole oblige, et se poursuit selon un ordre alphabétique. Et là, après Manuel Valls et Renaud Vedel, on peut lire cette phrase courte : « Merci aussi à Marine le Pen et Louis Aliot », respectivement  Président et Vice- Président du Front National.

Et c’est là, au détour de cette phrase qui isole les leaders frontistes, que j’ai compris ce qui finalement m’a profondément gêné. J’ai décelé ici et là une vraie volonté de la part de l’auteur « d’épargner » Marine Le Pen, de mettre une vraie distance entre elle et toute la fachosphère qu'il décrit.
Alors oui, certes, et c’est le moins, Frédéric Haziza reconnait p 149, que la présidente du Front national « n’a pas coupé tous les ponts avec les néonazis » mais tout au long de se démonstration il veille bien à ce que la Présidente du Front National ne puisse pas être éclaboussée par les tribulations antisémites de ceux qui ont fait l’actualité ces dernières semaines.
Dieudonné ? P 110, on peut lire « Le Pen considère aussi que Dieudonné est « un type inconoclaste ». Marine le Pen confirme « Le Pen (elle nomme ainsi son père) aime les parias, les provocateurs. Moi, je ne l’ai jamais vu, je ne voulais pas le croiser et je m’étais planquée, lors de la fête Bleu Blanc Rouge dans le commissariat général parce que je n’avais pas envie de le voir ».



Concernant Soral, Marine Le Pen confie à Frédéric Haziza (Confère P 91), « c’est un type  ayant surtout un énorme problème d’égo, un besoin de reconnaissance et beaucoup de mépris pour les autres ». Plus loin, elle poursuit, « Je me méfiais de lui, parce que je me suis toujours  méfiée de ceux qui tout de suite veulent vous faire comprendre qu’ils en ont une grosse ».

En mars 2011, déjà, le journaliste Frédéric Haziza qui officie chaque dimanche sur Radio J avait tenté d’inviter Marine Le Pen. Une invitation qui en pleine campagne présidentielle, avait suscité un véritable tollé dans la communauté juive. Certains responsables communautaires avaient même appelé à manifester devant le studio de la station de radio qui avait fini par annuler l‘invitation. Au JDD daté du 13 mars, il expliquait : "Se getthoïser n'est pas une solution contre l'extrémisme".
La présidente du FN, elle, face aux menaces de mort reçues par la radio juive livrait un message d’apaisement. Là, où l’on aurait imaginé Marine Le Pen hurler à la censure et à la diabolisation de sa formation politique, affirmait aux juifs de France "qu'ils n'ont rien à craindre du FN, bien au contraire".  Quelle mansuétude !



Frédéric Haziza dit traiter Marine Le Pen avec « neutralité ». Cette "neutralité" qui me laisse songeuse ne s'embarrasse de quelques incohérences. Celui qui a dédié le livre à « Majloch Lancner », son « grand-père déporté par le convoi numéro 6, mort à Auschwitz en juillet 1942 », n’a pas cru bon de rappeler dans son livre sur la fachosphère que Marine Le Pen avait participé en mars 2012 à un bal des corporations estudiantines à Vienne. Parmi elles certaines ouvertement proches de néo-nazis sont « interdites aux juifs et aux femmes ».

17 janvier, 2014

quand ton compte facebook est piraté

hier, soir, en rentrant de soirée j'ai reçu sur ton portable un coup de fil de quelqu'un que je n'ai quasiment jamais au téléphone. "Il y a une activité bizarre sur ton compte Facebook, ca envoie des messages privés incohérents". J'essaie de me connecter sur mon compte  : impossible.



Je checke mes mails et là, 7 mails Facebook de changements de mots de passe, 7 avertissements d'amis me disant que mon compte est piraté. au téléphone, un de mes proches me confie avec parler avec "mon compte", enfin celui qu'est connecté avec mon compte. Ce dernier a demandé à tous mes amis Facebook" d'appeler un numéro en 0800 ... pour pouvoir débloquer une ligne de téléphone fixe que d'ailleurs je ne possède pas.

Pour me reconnecter à mon compte, Facebook, me demande de répondre à une question privée : "quelle rue habitiez-vous quand vous aviez 8 ans ?" Je me demande bien comment j'ai pu cocher cette question dans la mesure où je n'ai absolument pas la réponse. Aujourd'hui, mon ancien compte piraté est introuvable sans doute bloqué.

Disparus mes centaines de statuts rigolos, enfin sur le coup je les trouvait rigolo, évaporés mes 777 amis ( oui j'aime le chiffre 7). Le hic, c'est que dans l'une de mes activités, community manager, je gère des pages pro et je suis la seule à en être l'administratrice. oui ça c'est chiant. d'ailleurs si quelqu'un sait comment je peux récupérer l'admin de mes pages pro, je suis preneuse.

Cette histoire m'a fait réfléchir. Combien d'heures passées sur FB  :  à regarder les photos de celles et ceux avec qui j'étais en classe ?, à errer de fiche en fiche ? "Tiens une tête connue". "tu as vu elle a vieilli", "et lui il a divorcé deux fois", "mon ex qui me demande en ami non mais ca va pas..."

Alors voilà j'en suis là. Mon Facebook, ma résidence secondaire virtuelle a été cambriolé, on a tout pris. On m'a juste laissé une date de naissance "16 octobre 1972", car non content d'arnaquer mes friends, le connard qui m'a piraté m'a vieilli de .... 4 ans.

13 janvier, 2014

#ImagineLaReponsedHollandeAlaConfDePresse


Tout le monde se souvient de Nicolas Sarkozy évoquant pour la 1er fois sa relation avec Carla Bruni le 8 janvier 2008 lors de sa première conférence de presse présidentielle.  
 
 

Demain, 5 jours après la Une de « Closer » révélant sa relation supposée avec l’actrice Julie Gayet, François Hollande tiendra  sa conférence de presse de rentrée.

Une 1ere dame hospitalisée pour « choc émotionnel », un président qui s’évade de l’Elysée en scooter au mépris du protocole et des règles de sécurité. : On imagine mal qu’aucun journaliste ne pose la fameuse question sur ce vaudeville présidentiel.

Que répondra-t-il ? Je n’en sais rien, il a plusieurs options, il peut la jouer...

... cinématographique : « Julie 1 – Valoche 0 »

… socialiste : «  J’ai écouté les deux parties. J’ai beaucoup réfléchi … et j’ai décidé  de ne rien faire. Oui c’est la synthèse ».

… sarkozyste : « Avec Julie c’est du sérieux »

…politique : « Rompre avec la première dame c’est comme la retraite à 70 ans, c'est à la fois injuste socialement et incohérent économiquement ».

… comique : "J'ai envoyé "QUI" au 7 12 12. J'attends".
 
… économique : « Valérie va retrouver son emploi à Paris-Match. L’inversion de la courbe du chômage, je la prédisais déjà il y a quelques mois ».
 
… sadique : « Courage à Valérie Trierweiler qui n'a pas démérité, qui se bat à mes côtés depuis tant d'années dans un engagement désintéressé »

15 décembre, 2013

Cher Alexandre Astier

Samedi soir, je suis tombée sur la vidéo de votre intervention dans « La clique », émission animée par Mouloud Achour tous les samedis sur Canal +.



 Je dis « je suis tombée » sciemment et à double titre :

- Le hasard, d’abord qui fait décidément rarement bien les choses
- Après visionnage, j’ai failli littéralement tomber de ma chaise.

Vous dîtes : « Le combat de Dieudo j’en ai rien à secouer. Franchement je m’en fous, je connais pas. Je ne suis pas géopoliticien. Si je devais m’intéresser à ce sujet, ce n’est pas lui que j’irais voir. » Wahou ! Passons pour le moment sur votre mélange de désinvolture et d’indulgence mais je note que vous reconnaissez que l’homme est animé par une cause, un but. Plus loin, vous ajoutez « Son combat, ce qu’il défend, je pense qu’un mec qui a du talent ne devrait pas entrer en politique, jamais. C’est mon avis, ce n’est pas le sien visiblement. Donc je me tape de son combat totalement ».

"Entrer en politique donc" : Même si vous admettez que son combat est « politique », j’ai comme l’impression que vous réagiriez avec la même légèreté s’il avait décidé de se présenter sur une liste EE-LV aux prochaines municipales. Non pas que je sois fan de ce parti mais, en dépit des reproches qu’on peut lui faire, il reste dans son action programmatique dans le champ de la démocratie.


Pour finir, cerise sur le gâteau, vous affirmez : « Après les gens qui disent que c’est antisémite, je vois pas ». Et là, les bras m’en tombent. Si les spectacles de Dieudonné n’étaient qu’une succession de sketchs apolitiques, je pourrais vous excuser mais vous savez très bien que cela n’est pas et plus le cas. Quand vous dîtes « Je peux voir 50 spectacles e Dieudonné, je ne sors pas antisémite pour autant », étiez vous au Zenith le 26 décembre 2008 quand il invitait sur scène, en pleine représentation de « J’ai fait l’con », le négationniste Robert Faurisson pour lui remettre « le prix de l’infréquentabilité » ? Si oui, avez-vous trouvé ça drôle ? Avez-vous applaudi quand son régisseur lui a remis le prix « déguisé » en déporté avec une Etoile jaune ? Dans le cas contraire, j'aurais aimé vous l’entendre dire.

Vous dîtes, grosso-modo, on peut aller au spectacle de Dieudonné sans être antisémite. Moi je crois qu’on ne peut trouver cette scène amusante que si on est, foncièrement, antisémite. Vous vous lavez les mains des provocations de Dieudonné sur et hors de scène, vous semblez nous dire « Je ne regarde que l’artiste qu’il est ». Comment faites- vous ? Et puis non finalement, ça ne m’intérresse pas parce que moi je sais que notre vraie différence est là. Je ne pourrais déjeuner chez un chef étoilé en sachant qu’il a tenté de tuer sa femme dans les cuisines. Vous diriez « Moi je ne regarde que ce qu’il y a dans mon assiette et c’est très bon, l’homme, je men fous ». Moi pas. Vous pourriez apprécier la poésie écrite par un sérial killer emprisonné à vie. Moi pas. Parce que je crois que quand les mots ( et les actes évidemment ) atteignent le summum de l’abjection, le type qui les dit est pourri.

 Perdu dans ses délires antisémites, le génie comique de Dieudonné n’est plus qu’une infime partie de son être. On a tous ri de bon cœur par le passé, oui il y a très longtemps, mais aujourd’hui, louer son sens comique c’est aussi absurde que de se lancer dans une thèse d’Histoire de l’art sur les influences picturales d’Hitler quand il était aspirant peintre. "Dieudonné n’a tué personne. Ce n’est pas Hitler" me répondrez-vous. Soit ! Mais combien d’adorateurs de Mohamed Merah se délectent de ses vidéos ? Qui sait combien ces messages haineux peuvent pousser au passage à l’acte ? Je n’ai pas la réponse et vous non plus. 

A cette indulgence pour Dieudonné, « Je ne suis pas pour son combat » précisez-vous, vous opposez quand même une vraie volonté, celle d’être « contre tous ceux qui souhaitent lui interdire les salles ». Je ne sais pas si la solution est d’empêcher Dieudonné de se produire sur scène mais je trouve curieux voir suspect que vos seuls reproches soient pour eux et pas pour celui qui de spectacles en vidéos distille des propos abjects. Je n’arrive même pas à mettre votre solidarité avec Dieudonné sur le compte d’une sorte de confraternité artistique tant je la trouve irresponsable. Votre ton, vos mots empathiques pour parler de lui, tout résonne comme une approbation qui ne dit pas son nom.

 Alexandre Astier, je me souviens très bien du premier épisode de Kaamelott que j’ai vu sur M6. J’ai été soufflée par le rythme, l’absurde, l’écriture, le style, la mise en scène. Tout était parfait. Quand je vous avais interviewé par le journal de « Virgin ! », vous m’aviez confié tout faire tout seul : écriture, mise en scène, même le générique était votre création. Pas de doute, à la télé, ça vous a réussi. Par contre pour ce qui est des analyses, je vous conseille humblement de lire quelques livres et ne pas vous en référer à votre seul jugement.


Amicalement quand même.

25 novembre, 2013

Deux ou trois choses à retenir des élections au Consistoire de Paris


Hier, se tenaient les élections au Consistoire de Paris.  La moitié des 26 élus (13) + 1 était renouvelé. Ont été élu, dans l’ordre

1Joël Mergui (AJC)
2 Sammy Gozhlan (Rassembler pour changer)
3 Elie Korchia (AJC)
4 Gil Taieb (Indépendant)
5 Alexandre Elicha (AJC)
6 Elisabeth Steiner (AJC)
7 Daniel Vaniche (AJC)
8 Anne Marie Boubli (AJC)
9 Alex Buchinger (AJC)
10 Murielle Schor (AJC)
11 Philippe Meyer (Tous ensemble)
12 Sabine Roitman (AJC)
13 Sarah Tellouk (AJC)
14 Yohann Boccara (AJC)

A l’issue d’une campagne particulièrement agressive, le résultat des urnes est sans appel : 11 des 14 élus proviennent de la liste du président sortant Joël Mergui qui a donc passé une très bonne soirée.
 

Ceux qui souhaitaient le voir prendre du champ par rapport à l’institution et choisir enfin entre la présidence de Paris et celle du Central qu’il cumule vont être déçus. Avec un tel score, on peut douter qu’il change de cap. 
Les électeurs ont parlé. Ils aiment Joël Mergui, sa fougue, son engagement, sa disponibilité, ses emportements, ses discours parfois trop longs, son envie d'être partout. Ils l’aiment c’est ainsi. Il y a des choses qui ne s’expliquent pas. Pour moi ça relève du coup de foudre qui s’est opéré entre la communauté et le Grand rabbin de France Joseph Sitruk au début de son premier mandat. Le phénomène est difficilement explicable. Il se constate. Ses détracteurs n’ont qu’à attendre que l’amour s’émousse. Bonne chance, il est des couples qui vivent amoureux pendant des décennies.

Les 3 autres élus sont :
·         Philippe Meyer (Tous Ensemble)
·         Sammy Ghozlan (Rassembler pour changer)
·         Gil Taïeb (Indépendant)

 Que doit-on retenir de ce scrutin ?

« La communauté a bonne mémoire » : la liste « Tous ensemble » initiée par Dove Zerah n’a recueilli qu’un seul élu. Menée par Philippe Meyer qui se présentait comme candidat au poste de président, la liste n’a pas séduit. Il y a 4 ans, Dove Zerah avait été élu président avant de quitter son poste pour rejoindre la présidence de l’AFD. Un tour de passe-passe qui visiblement a laissé des traces dans les mémoires.
« C’est la fin d’une époque » : Yves – Victor Kamami, Michèle Rotman, Haïm Nissenbaum, Dorothy Benichou-Katz n’ont pas été élu. Noms bien connus de la communauté, les électeurs leur ont préféré cette fois-ci des candidats plus jeunes et parfois quasi-inconnus hors de la sphère locale de leur engagement. Pour moi, qui les ai vus en place il y a plus de 10 ans , c’est clairement la fin d’une époque. Le renouvellement d’une génération s’opère aujourd’hui. Il est regrettable que certaines personnes comme Dorothy Benichou-Katz, militante de grande qualité  en pâtissent mais globalement c’est à mon sens un cercle vertueux nécessaire et bénéfique qui s’enclenche. Elie Korchia, présenté comme un petit nouveau il y a 8 ans est aujourd'hui le 3e mieux élu. En 8 ans, celui qui est aujourd'hui Vice-Président de l'ACIP, s'est engagé sur tous les sujets. Je souhaite son succès et son parcours à Sarah Tellouck, injustement qualifiée de "candidature gadget" et qui a été élu hier.

« Le people c’est risqué mais ça paye » : Sa candidature a surpris et aiguisée la curiosité. Alexandre Elicha, patron de la marque Kooples était candidat sur la liste AJC. Loin de juger la sincérité de son engagement dont je ne doute pas, j’avoue, je n’ai jamais cru qu’il serait aussi bien élu. Soyons francs, vue la moyenne d’âge des  votants, il était possible que la notoriété de la marque qui vante les couples improbables ne passe pas. Et pourtant ça a fonctionné.  Nominal, le scrutin favorise néanmoins ce genre de surprises. Il y a 4 ans, Clément Weill-Raynal ("Tous ensemble"), signature bien connu d'« Actualité Juive » avait été le mieux élu sans pour autant faire une campagne très soutenue. Il y a des noms qui font tout le boulot ou presque. C'est d'ailleurs pour cette raison que les têtes de listes se les arrache en pré-campagne.
 

« La communauté ne rejette pas le cumul des fonctions » : L’élection dans un fauteuil de Gil Taïeb et Sammy Gozhlan le prouvent. Ces deux militants très engagés pour la défense d’Israël et dans la lutte contre l’antisémitisme ont été plébiscités.
 
 
Les électeurs de l’ACIP ne craignent donc pas la  transversalité ni le cumul des fonctions. Pour faire simple, il ne demande pas à un administrateur du Consistoire de ne se consacrer qu'à l'ACIP. Au contraire, une légitimité acquise dans une autres sphère de la communauté ( le cultuel, l'éducation, le social) est un vrai plus.
Le cumul des mandats n'est donc pas rédhibitoire pour les électeurs. hier soir, Joël Mergui a passé une bonne soirée et quelque chose me dit que ça ne risque pas de s'arrêter...