18 septembre, 2013

JOUE LA COMME SPIELBERG


Les joies du mariage avec un juif d’origine tunisienne étant ce qu’elles sont, il y a donc des choses qui ne bougent pas : « à Souccoth on mange Pkaïla ». A Paris, j’achetais les pots tout prêts. Je m’en sortais pas mal. En Israël, faut aller à Netanya pour acheter les pots. C’est un peu comme si en France tu faisais Paris – Chartres pour faire les courses. Je décide donc de me lancer dans la vraie recette à coup d’épinards fraîches.
 
 

Au bout d’une heure et demi à faire revenir les épinards, j’incorpore la viande et les haricots préalablement revenus dans de l’ail (Julie Andrieu sors de ce corps) et là je me dis merde, ca n’a ni la bonne couleur, ni la bonne consistance. Rien ne va. Je suis à deux doigts de pleurer (oui je pleure facilement) quand je me dis « Allez, ma grande, ressaisie toi :  Joue la comme Spielberg ».

J’ai une fascination pour « Les dents de la mer » de Spielberg. J’adore ce film. Alors ok, aujourd’hui avec les nouvelles technologies, la 3D et le numérique, le Requin il fait moins le fier mais sérieux c’est quand même, selon moi, un grand film.
 

Et tout le talent de Spielberg c’est d’avoir fait des faiblesses du tournage des forces.

 

-          Le requin de 8 mètres fabriqué par les studios hollywoodiens ne fonctionne pas dans l’eau salée, OK PAS DE PROBLEME, on le montrera plus tard dans le film. Ce qui donne cette scène d’anthologie du début. Cette fille ennivrée qui court sur la plage, se jette à l’eau. C’est onirique, érotique, sensuelle. Et puis tout à coup fracture du rythme (« le changement c’est maintenant »),la fille est happée par l’eau, remonte , ressort et disparait. Pour faire le gros méchant requin  : deux plongeurs qui ballotent la fille de droite à gauche. RESULTAT : le requin est suggéré, imaginé, on a d’autant plus peur qu’on ne l’a pas encore.

 
    -          Pour rendre tout ca crédible, Spielberg veut insérer des plans de vrais requins blancs     notamment dans une scène avec un plongeur dans une cage à requin. Ils contactent des plongeurs sous-marins qui font des vidéos et des photos de squales en Australie. Ils lui disent ok mais le hic c’est qu’eux n’ont croisé, au mieux, que des requins blancs de 4 mètres. Celui de Spielberg en fait le double. OK PAS DE PROBLEME, pour la scène de la cage on prendra une toute petit cage avec un acteur de petite taille (dans le langage courant  : un nain). RESULTAT : Avec le jeu des proportions, le requin parait immense.

Pour maintenir le suspens sur le devenir des personnages du film (Mangé ou pas mangé par qui tu sais), Spielberg a pris des acteurs connus mais pas des immenses stars. Pour jouer Chief Brody, génial Roy Sheider, Paul Newman et Charlton Heston, ont été un temps évoqués avant d’être abandonnés. A juste titre, Spielberg se disait que le spectateur serait persuadé que le requin ne mangerait pas Paul Newman ou Ben-Hur alors qu’avec Sheider, moins connu, le doute subsiste.



On pourrait citer des dizaines d’autres anecdotes autour du film dont le tournage qui devait durer 8 semaines s’est étalé sur 7 mois.

Bon, alors ok, préparer une pkaila c’est pas comme monter un péplum. Quoi que en terme de budget (tournage, décor, casting d’un côté viande de l’autre) et de personnes touchées (spectateurs d’un côté et convives de la table de l’autre), le ratio doit être le même. Je me dis là que je suis comme Spielberg, j’ai pas le choix, faut rattraper tout ça. lui il a des producteurs qui le tannent moi, ce soir faut que je présente un plat. Je décide de couvrir d’eau, de rajouter de l'huile ( Je tairais ici le niveau de la bouteille avant et après la cuisson) et j’attends.

au bout de deux heures : La couleur est bonne, la consistance aussi. Le goût ? Réponse ce soir…

1 commentaire:

  1. Excellent, la comparaison est tres drole!
    J'espere que la pkaila sera vraiment bonne. Au pire tu pourras te reconvertir dans la production de films...
    Bonne fete!

    RépondreSupprimer